
Ahmet Davutoğlu (Ministre des Affaires étrangères de la République de Turquie), Ban Ki-moon (Secrétaire général des Nations Unies) et Valerie Amos (Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires) annoncent la tenue du Sommet humanitaire mondial 2016.
En septembre dernier, le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a annoncé la tenue du premier Sommet humanitaire mondial à Istanbul (Turquie) en 2016. Il a ajouté que ce sommet visera à définir un calendrier humanitaire pour l’avenir plus efficace, plus complet et prenant en compte les principaux défis actuels.
Le processus a manifestement le vent en poupe, puisqu’un site Internet a été créé pour ce sommet, tandis que du personnel est recruté pour son secrétariat. Toutefois, les préparatifs ne commenceront à proprement parler qu’en début d’année prochaine.
Ils comprendront des consultations régionales sous l’impulsion du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), et sous l’égide de Valerie Amos, Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires et Coordinatrice des secours d’urgence.
Quatre groupes d’importance seront ainsi impliqués : États Membres de l’ONU (aussi bien des pays affectés que des donateurs), organisations et experts humanitaires, partenaires associés (secteur privé, associations caritatives religieuses, etc.) et personnes affectées directement (en tant que premières intervenantes après une crise ; communautés et organisations de la société civile).
Le sommet se tiendra 25 ans après la création par l’Assemblée générale de l’ONU du système humanitaire actuel, articulé autour du Coordinateur des secours d’urgence, du Comité permanent interorganisations (IASC) et d’une série de principes directeurs clés bien établis (résolution de l’Assemblée générale de l’ONU 46/182).
Dans l’intervalle, un document essentiel du sommet souligne à quel point le paysage de l’action humanitaire a évolué.
Premièrement, la demande en action humanitaire va crescendo. À l’heure actuelle, les acteurs internationaux de l’humanitaire apportent ainsi leur aide à plus de 100 millions de personnes chaque année. Mais d’ici à 2025, la population de pays susceptibles d’être touchés par des catastrophes devrait représenter presque le double de celle de 1990.
Autre facteur à prendre en compte, l’évolution significative du nombre et de la nature des acteurs impliqués dans l’action humanitaire. Le nombre d’ONG déployées dans des situations d’urgences importantes a notamment augmenté, y compris celles du Sud mondial, tandis que les secteurs militaire et public ont aspiré à un engagement plus marqué.
Enfin, aucune synthèse dressant un portrait des tendances humanitaires ne peut négliger l’aspect technologique. Les téléphones portables sont désormais partout (dans une centaine de pays, il y a même davantage d’abonnements à des téléphones portables que d’habitants) et l’on estime que d’ici 2015, la moitié de la population des pays en développement utilisera Internet.
Et s’il reste à prouver qu’elles puissent être la solution à tous les problèmes du monde, ces technologies évoluant rapidement ont évidemment un impact croissant sur la gestion des besoins humanitaires.
Comme l’indiquent les organisateurs du sommet, « nous avons besoin d’une meilleure compréhension de l’impact de ces tendances et approches interconnectées. Les systèmes humanitaires doivent être plus complets, plus efficaces, plus réactifs et interactifs ».
« Nous devons partager des meilleures pratiques et miser sur l’innovation pour rendre le secteur plus efficace et complet », a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies en annonçant la tenue du sommet. Pour ce faire, le sommet se concentrera sur quatre thèmes en particulier
• efficacité humanitaire
• réduction de la vulnérabilité et gestion des risques ;
• transformation grâce à l’innovation et;
• concentration sur les besoins des personnes victimes d’un conflit.
C’est dans les débats autour du premier de ces thèmes — l’efficacité — que les initiatives définissant des standards sont appelées à apporter les contributions les plus significatives.
Et justement, en la matière, les organisateurs du sommet reconnaissent le rôle positif d’initiatives comme le Projet Sphère : « Plusieurs initiatives, telles que l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide, l’Initiative sur les principes et bonnes pratiques d’action humanitaire, le Projet Sphère et l’IASC Transformative Agenda, ont contribué à des changements dans des éléments de l’action humanitaire ».
Parmi ces éléments, ils citent la redevabilité, la transparence, la professionnalisation et la standardisation. Et pourtant, ils nuancent leur propos, soulignant que les organisations humanitaires conviennent que la réponse aux situations d’urgences dans tout le système doit s’améliorer, et qu’il faut pour ce faire davantage d’approches innovantes pour consolider les efforts de réponse et améliorer l’efficacité.
Dans ce contexte de discussion à l’échelle mondiale, une concertation stratégique sur l’orientation et les priorités futures du Projet Sphère est judicieuse pour pouvoir ensuite apporter une contribution de poids aux débats. Le s’y emploiera donc à l’occasion de sa réunion semestrielle des 21 et 22 novembre à Genève.