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Comment les standards permettent aux acteurs humanitaires de faire les bons choix, et de bien agir

Le tout premier Sommet humanitaire mondial tenu à Istanbul s’est attaché à étudier nombre de questions essentielles, dont celle de déterminer la manière selon laquelle organisations et individus peuvent utiliser les standards pour améliorer la qualité des interventions humanitaires et renforcer leur redevabilité.

Le Projet Sphère, l’Alliance CHS et le Groupe URD ont organisé, à cette occasion, un événement parallèle intitulé « Bien faire les choses ne suffit pas, il faut aussi faire les bons choix » (It’s not enough to do things right, the right things have to be done). L’événement, qui a attiré de très nombreuses personnes, avait reçu le parrainage des gouvernements de la Suisse et du Danemark.

Stephan Schønemann, directeur des Affaires humanitaires au ministère danois des Affaires étrangèresLors de son allocution d’ouverture, Stephan Schønemann, directeur des Affaires humanitaires au ministère danois des Affaires étrangères, a reconnu les améliorations des pratiques dans le secteur humanitaire depuis plus de 20 ans maintenant. Les initiatives portant sur la qualité et la redevabilité, la professionnalisation croissante ainsi que les progrès en termes de logistique, finance et gestion sont autant d’éléments ayant contribué à ces avancées.

M. Schønemann a tout particulièrement souligné les « incroyables efforts » du Projet Sphère, de l’Alliance CHS et du Groupe URD « qui, en rassemblant leurs forces et créant une Norme humanitaire fondamentale… ont mis sur pied une approche complémentaire qui contribue à l’harmonisation et au renforcement de la cohérence de l’ensemble des standards. »

« Renforcer [cette] cohérence… au niveau de plusieurs secteurs de l’intervention humanitaire sur la base de valeurs fondamentales, d’une structure commune et d’un langage cohérent partagé est indispensable à l’appropriation élargie et vient renforcer l’efficacité et l’efficience tout à la fois. »

Mais M. Schønemann a souligné que « [l]a qualité de l’aide humanitaire du point de vue des bénéficiaires, des autorités locales et des médias demeure cependant régulièrement questionnée. » Il a ainsi identifié quatre défis spécifiques pour le secteur :

  • préserver la qualité et la redevabilité, tout en adaptant les réponses à des situations nouvelles, qui évoluent rapidement et sont de plus en plus complexes ;
  • s’assurer que les communautés affectées sont placées au centre des interventions ;
  • évoluer d’une responsabilité individuelle à une responsabilité collective, et de la coordination des moyens à mettre en œuvre à l’obtention conjointe de résultats ; et
  • passer de l’assistance dans le cadre de crises à court terme à un soutien en vue de l’obtention de résultats collectifs lors de crises prolongées.
  • Arno Wicki, suppléant à la direction de l’Aide humanitaire suisseLe modérateur du panel Arno Wicki, suppléant à la direction de l’Aide humanitaire suisse, a posé une première question pour lancer la discussion : « Comment pouvons-nous faire les bons choix, et bien les mettre en œuvre ? ». Aussi évident que puisse sembler cet objectif, l’atteindre n’est cependant pas anodin, surtout lorsque l’on tient à ce que les populations soient entendues.

    M. Wicki a fait remarquer que « [d]u point de vue des donateurs », la question se pose en ces termes : « Comment tirer le meilleur profit de nos ressources limitées ? » « Eh bien, nous pensons que grâce aux standards et à la qualité, il est possible de placer les populations au centre, tout en étant plus efficaces. »

    Amina Labarakwe, membre d’une communauté dans le comté de Baringo au KenyaElle estime que « la redevabilité est un processus du bas vers le haut qui doit impliquer les membres de la communauté, car nous sommes essentiels dans la réponse aux catastrophes ». Comme exemple d’implication de la communauté, Mme Labarakwe a mentionné un comité dont elle fait partie, et qui représente les « yeux de la communauté ».

    C’est là, d’après elle, une manière pour les membres des communautés de contribuer à demander des comptes aux organisations. L’implication dans les processus de prise de décisions est également un facteur de cette redevabilité, telle que la participation de la communauté aux processus d’approvisionnement, qui contribuent à améliorer la transparence.

    « Mon message aujourd’hui », a déclaré Mme Labarakwe à l’assistance, « est que le modèle actuel de redevabilité, dans lequel nous accordons davantage d’intérêt aux donateurs, ne fonctionne pas pour les communautés. La redevabilité devrait se concevoir autant par rapport à la communauté qu’aux donateurs. »

    Alejandro Maldonado, secrétaire exécutif de la Coordination nationale guatémaltèque pour la réduction des désastresLe gouvernement du Guatemala s’est engagé, en 2009, à intégrer les standards Sphère. « Nous avons élaboré des manuels et des protocoles en vue de la concrétisation de notre engagement, tels que les Termes de référence relatifs aux activités d’approvisionnement et d’achats », a expliqué M. Maldonado.

    Les officiels du gouvernement guatémaltèque collaborent avec des fournisseurs afin de veiller à ce que leurs fournitures soient conformes aux standards, et mieux répondre aux besoins des utilisateurs finaux, en fonction du contexte et de la culture. Les standards sont « importants à des fins de redevabilité et de transparence… en tant qu’outils essentiels de lutte contre la corruption. »

    Pour M. Maldonado, les standards se révèlent également utiles pour planifier les événements futurs et décider quels biens devraient être pré-positionnés. « Le fait que les standards contribuent à minimiser l’erreur humaine et soutiennent la prise de décisions objectives par rapport à des décisions arbitraires se révèle également très important », a-t-il ajouté.

    « En tant que gouvernement, nous sommes convaincus de l’importance des standards, et particulièrement de ceux de Sphère », a conclu M. Maldonado. « Les standards sont des outils indispensables à des interventions de meilleure qualité. »

    Les standards ne peuvent parfois pas être atteints, et ce pour diverses raisons. « Nous avons besoin de savoir pourquoi le standard ne peut être atteint, dans un but d’amélioration. La crise des migrants nous le montre bien : il faut que nous soyons très agiles pour nous adapter rapidement aux situations qui évoluent. C’est pour cette raison que nous continuons à poser des questions, telles que celles que contient la Norme humanitaire fondamentale », explique Grünewald.

    La Coordonnatrice humanitaire résidente des Nations Unies en Iraq, Lise Grande, a souligné les « incroyables progrès » réalisés en termes de redevabilité au cours des dix dernières années et mentionné « les étapes concrètes que nous pouvons suivre sur le terrain pour garantir que l’agenda sur la redevabilité est au centre de nos efforts collectifs ».

    Coordonnatrice humanitaire résidente des Nations Unies en Iraq, Lise GrandeMme Grande a suggéré quatre manières selon lesquelles le système des groupes (clusters) et les équipes humanitaires du pays (EHP) peuvent atteindre un tel objectif, compte tenu du système humanitaire international actuel.

    Les organisations souhaitant présenter des projets à un Plan de réponse humanitaire devraient tout d’abord démontrer qu’elles tendent à atteindre les standards Sphère et les critères de qualité de la Norme humanitaire fondamentale.

    Tous les groupes devraient ensuite élaborer des plans d’action qui se basent sur la CHS et s’efforcer d’apporter une assistance du niveau de qualité des standards Sphère. Ces plans devraient être étudiés par l’EHP afin d’assurer un soutien total à tous les niveaux de l’action.

    Puis, seules les organisations qui s’efforcent d’atteindre les standards Sphères et les critères de qualité de la CHS devraient être éligibles à la recherche de financements parmi les fonds mis en commun dans les pays et le Fonds central d’intervention d’urgence.

    Et enfin, les EHP devraient mener des révisions stratégiques semestrielles de leurs opérations, afin de superviser l’avancée des progrès collectifs en regard de la CHS et des standards Sphère.

    Selon Mme Grande, « la simple mise en œuvre de ces quatre règles placerait la redevabilité au centre de nos efforts collectifs. »

    Elle a, de même, suggéré que le Comité permanent interorganisations (CPI) modifie les termes de référence des Coordonnateurs humanitaires et de l’ensemble des agences responsables des clusters « afin d’inclure la responsabilité directe de l’intégration de la Norme humanitaire fondamentale et des standards Sphère dans les opérations » qu’ils mènent.

    Selon Mme Grande, la crise de financement actuelle représente « une menace très réelle pour l’agenda sur la redevabilité ». Elle s’est servie, pour illustrer son argument, de l’exemple de l’Iraq, sorte « d’orphelin du financement », où plus de sept millions de personnes « ont un besoin crucial d’aide et n’obtiennent pas ce à quoi elles ont droit du fait de l’absence de financement ».

    Lorsque les donateurs ont insisté, en 2015, sur la « priorisation » d’un appel à financement de deux millions de dollars, l’EHP s’est embarquée dans un processus très complexe. « Au lieu de calculer le coût de la prestation d’assistance à des millions de personnes selon les standards Sphère, nous avons dû nous écarter de ces standards et calculer les coûts de paquets d’aide humanitaire beaucoup plus réduits pour chaque cluster. »

    Mme Grande estime que « la différence entre les paquets d’aide humanitaire et les standards représente un vide éthique ». Et en fin de compte, même ces paquets d’aide humanitaire n’ont été que partiellement financés, alors que « l’action humanitaire ne fait sens que lorsqu’elle repose sur des principes ».

    « Une approche basée sur des principes », a conclu Mme Grande, signifie qu’il nous faut évaluer les besoins de manière collective, selon une méthodologie approuvée, pour calculer les coûts de la réponse à ces besoins au niveau des standards Sphère puis utiliser la Norme humanitaire fondamentale pour nous assurer que nous sommes redevables envers les populations. Honnêtement, toute autre approche n’est pas vraiment éthique. »

  • Téléchargez le document Global Humanitarian Standards Partnership key messages and suggested commitments for the WHS (en anglais).
  • Téléchargez le document:  (en anglais).