{"id":5688,"date":"2016-07-04T00:00:00","date_gmt":"2016-07-03T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/sphere\/promouvoir-les-standards-sphere-en-republique-democratique-du-congo-a%c2%80%c2%94-boniface-n-deagbo\/"},"modified":"2018-11-02T15:19:51","modified_gmt":"2018-11-02T13:19:51","slug":"promouvoir-les-standards-sphere-en-republique-democratique-du-congo-a%c2%80%c2%94-boniface-n-deagbo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/uat.spherestandards.org\/fr\/promouvoir-les-standards-sphere-en-republique-democratique-du-congo-a%c2%80%c2%94-boniface-n-deagbo\/","title":{"rendered":"Promouvoir les standards Sph\u00e8re en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo \u00e2\u0080\u0094 Boniface N. Deagbo"},"content":{"rendered":"<div class=\"text-block\"><p><img decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/downloads\/img\/boniface-deagbo_494x327.jpg\" alt=\"Boniface N. Deagbo\" style=\"\">\u00ab\u00a0Si le personnel de terrain ne conna\u00eet pas tr\u00e8s bien les normes Sph\u00e8re, c&rsquo;est un probl\u00e8me. Il est alors n\u00e9cessaire de continuer \u00e0 faire de la formation.\u00a0\u00bb <em>Photo \u00a9 Richard Man\u00e9 \/ The Sphere Project<\/em><\/p>\n<p>Boniface N. Deagbo est titulaire d&rsquo;un doctorat en \u00c9tudes environnementales. Il enseigne la conception et la gestion de projets, ainsi que la gestion des ressources naturelles et le d\u00e9veloppement durable \u00e0 l&rsquo;Institut Facultaire de D\u00e9veloppement de Kinshasa. M. Deagbo a travaill\u00e9 aupr\u00e8s d&rsquo;une agence gouvernementale avant de rejoindre <a href=\"http:\/\/www.caritasdev.cd\" target=\"_blank\">Caritas Congo ASBL<\/a> en 2006, en tant que responsable des projets d&rsquo;urgence.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;est Caritas qui m&rsquo;a initi\u00e9 aux standards du projet Sph\u00e8re d\u00e8s le premier jour\u00a0\u00bb, se rem\u00e9more M. Deagbo, qui a ensuite particip\u00e9 \u00e0 une formation des formateurs \u00e0 Niamey, au Niger, en f\u00e9vrier\u00a02008.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;est \u00e0 partir de ce moment que je me suis engag\u00e9\u00a0dans la promotion des standards Sph\u00e8re. Apr\u00e8s la formation \u00e0 Niamey, les participants de l&rsquo;Afrique Centrale s&rsquo;\u00e9taient r\u00e9unis  et ils m&rsquo;ont choisi pour \u00eatre le point focal du Projet Sph\u00e8re en Afrique centrale.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 faire ce travail\u00a0\u00bb, raconte M. Deagbo, \u00ab\u00a0mais je dois dire honn\u00eatement que \u00e7a n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 facile d&rsquo;avoir des informations sur les formateurs et les activit\u00e9s men\u00e9es dans le cadre du Projet Sph\u00e8re dans toute la r\u00e9gion. C&rsquo;est ainsi que je me suis concentr\u00e9 sur la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Entre 2008 et 2015, M. Deagbo \u00e9tait coordinateur du d\u00e9partement Secours d&rsquo;urgence de Caritas. Il occupe actuellement le poste de deuxi\u00e8me Secr\u00e9taire ex\u00e9cutif adjoint en charge de la qualit\u00e9 des programmes.<\/p>\n<p>En tant que point focal du Projet Sph\u00e8re au nom de Caritas en RDC, M. Deagbo a organis\u00e9 de nombreuses activit\u00e9s de formation et largement promu le Manuel Sph\u00e8re &#8211; dont il conserve toujours plusieurs exemplaires en r\u00e9serve dans son bureau &#8211; ainsi que d&rsquo;autres outils d&rsquo;appui. \u00ab\u00a0Aujourd&rsquo;hui, les agences des Nations Unies viennent chercher des informations sur le Projet Sph\u00e8re chez moi\u00a0\u00bb, explique-t-il.<\/p>\n<p>M. Deagbo a jou\u00e9 un r\u00f4le essentiel au moment du lancement de l&rsquo;\u00e9dition 2011 du Manuel Sph\u00e8re. Il a \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;inclusion d&rsquo;une \u00e9tude de cas de la RDC dans le court m\u00e9trage intitul\u00e9 <strong><em><\/em><\/strong>.<\/p>\n<p>Quel est l&rsquo;impact des standards Sph\u00e8re sur le travail entrepris par Caritas Congo ?<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L&rsquo;utilisation des standards Sph\u00e8re a un impact tr\u00e8s important et tr\u00e8s visible sur les interventions humanitaires que m\u00e8ne Caritas Congo \u00bb, d\u00e9clare M. Deagbo.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le manuel Sph\u00e8re vise deux choses\u00a0: la qualit\u00e9 de l&rsquo;assistance et la redevabilit\u00e9. Tout d&rsquo;abord, il faut que l&rsquo;assistance qu&rsquo;on apporte aux personnes, aux populations affect\u00e9es, soit de bonne qualit\u00e9. On ne doit pas seulement apporter une assistance parce que c&rsquo;est une assistance aux gens malheureux, aux gens mis\u00e9rables, non\u00a0! Il faut que cette assistance-l\u00e0 soit de bonne qualit\u00e9. Ensuite, on a apport\u00e9 une assistance, c&rsquo;est bien, mais il faut en rendre compte, \u00e7a c&rsquo;est une notion capitale dans les interventions humanitaires.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;est pourquoi notre utilisation des standards Sph\u00e8re a beaucoup jou\u00e9 sur la qualit\u00e9 de l&rsquo;assistance et sur la redevabilit\u00e9. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, Caritas Congo est tr\u00e8s, tr\u00e8s visible sur le terrain : \u00e0 Kinshasa, dans le Kivu, dans toutes les provinces. Donc tant le gouvernement congolais que les organisations nationales et internationales se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 nous. D&rsquo;o\u00f9 vient cet impact\u00a0? Il vient du fait qu&rsquo;en utilisant les standards Sph\u00e8re dans les interventions, on assure la qualit\u00e9 de l&rsquo;assistance et on am\u00e9liore la redevabilit\u00e9 aupr\u00e8s des b\u00e9n\u00e9ficiaires comme des bailleurs de fonds.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Caritas Congo compte aujourd&rsquo;hui 2\u00a0000 membres de personnel et de tr\u00e8s nombreux b\u00e9n\u00e9voles. Elle est active dans trois principaux domaines, que sont le d\u00e9veloppement durable, la sant\u00e9 et le secours d&rsquo;urgence.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le r\u00f4le de Caritas Congo c&rsquo;est la coordination, le renforcement des capacit\u00e9s, la mobilisation des ressources, la repr\u00e9sentation et le plaidoyer\u00a0\u00bb, explique M. Deagbo, \u00ab\u00a0alors que les interventions sur terrain sont r\u00e9alis\u00e9es par les Caritas dioc\u00e9saines. Chaque ann\u00e9e, nous assistons pas moins de 20\u00a0000 familles d\u00e9plac\u00e9es, r\u00e9fugi\u00e9es et retourn\u00e9es en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Notre d\u00e9partement des urgences s&rsquo;occupe de la pr\u00e9vention en mati\u00e8re de catastrophes. Il pr\u00e9pare les communaut\u00e9s au cas o\u00f9 une catastrophe surviendrait\u00a0: comment se comporter, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il faut faire ? Et quand il y a une catastrophe, comment y apporter une r\u00e9ponse\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce service renforce les capacit\u00e9s des agents et des cadres de Caritas qui travaillent dans l&rsquo;humanitaire. Et nous faisons aussi de l&rsquo;\u00e9ducation, la r\u00e9insertion des ex-combattants dans le cadre de la consolidation de la paix, et nous nous occupons des migrants.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La RDC subit des crises cycliques depuis 1994. \u00ab\u00a0Cela fait plus de 20 ans que la RDC vit dans l&rsquo;urgence humanitaire. Il y a eu d&rsquo;abord l&rsquo;arriv\u00e9e de r\u00e9fugi\u00e9s rwandais, \u00e0 la suite du g\u00e9nocide. Puis on a enregistr\u00e9 les d\u00e9plac\u00e9s de la guerre interne en 1996-1997. Les crises r\u00e9currentes continuent jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Aujourd&rsquo;hui, la RDC vit une crise, avec la r\u00e9bellion ougandaise dans la zone de B\u00e9ni, dans le Nord-Kivu, o\u00f9 il y a eu beaucoup de d\u00e9plac\u00e9s \u00e0 la suite des exactions. En plus, il y a les diff\u00e9rents groupes Ma\u00ef-Ma\u00ef, qui s\u00e9vissent en Province orientale et aussi dans le Kivu, ainsi que des rebelles rwandais, qui sont encore en brousse. Il y a aussi au Katanga, dans le sud de la RDC, un grand conflit entre les Batsoa et le peuple Bantou, commun\u00e9ment appel\u00e9 les Pygm\u00e9es.\u00a0Et on a aussi des r\u00e9fugi\u00e9s centrafricains et burundais, respectivement au Nord et \u00e0 l&rsquo;Est du pays. En plus de ces crises humaines, on enregistre la r\u00e9surgence de maladies comme le chol\u00e9ra dans l&rsquo;ex-Province orientale du Katanga.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Voil\u00e0 les crises humanitaires qui s\u00e9vissent aujourd&rsquo;hui en RDC\u00a0pour lesquelles nous devons agir \u00bb, conclut M. Deagbo.<\/p>\n<p>Selon Boniface N. Deagbo, le principal d\u00e9fi \u00e0 relever en vue d&rsquo;une diffusion \u00e9largie des standards de Sph\u00e8re est l&rsquo;obtention de\u00a0l&rsquo;engagement du gouvernement \u00e0 leur utilisation. \u00ab\u00a0Comme on le sait, la responsabilit\u00e9 premi\u00e8re de l&rsquo;assistance humanitaire revient d&rsquo;abord \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat.\u00a0Nous sommes donc en train de travailler avec l&rsquo;\u00c9tat, et nous avons m\u00eame propos\u00e9 de former les cadres du minist\u00e8re des Affaires sociales au Projet Sph\u00e8re, ce que nous ferons au cours de l&rsquo;ann\u00e9e 2016.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Un autre d\u00e9fi tient au fait que le personnel de terrain ne conna\u00eet pas tr\u00e8s bien les normes Sph\u00e8re. \u00ab\u00a0Les chefs dans les bureaux \u00e0 Kinshasa, \u00e0 Goma, \u00e0\u00a0Lubumbashi, par exemple, connaissent Sph\u00e8re. Mais les chefs ne vont pas tous les jours sur le terrain. Ce sont les \u00e9valuateurs, les distributeurs, les enregistreurs qui vont sur le terrain, et s&rsquo;ils ne connaissent pas tr\u00e8s bien les normes, c&rsquo;est un probl\u00e8me. Il est alors n\u00e9cessaire de continuer \u00e0 faire de la formation, surtout du personnel de terrain.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me d\u00e9fi est l&rsquo;immensit\u00e9 du pays. \u00ab\u00a0Ce n&rsquo;est pas facile de r\u00e9aliser le suivi de l&rsquo;utilisation des standards Sph\u00e8re dans un pays comme le Congo, qui est un sous-continent : c&rsquo;est quatre fois la France, voyez-vous ? Et puis, il y a des milliers d&rsquo;organisations. C&rsquo;est pourquoi j&rsquo;estime qu&rsquo;il est capital d&rsquo;investir dans l&rsquo;identification et la formation des humanitaires de terrain et l&rsquo;appui aux points focaux en vue de construire un R\u00e9seau Sph\u00e8re solide dans les diff\u00e9rentes r\u00e9gions d&rsquo;Afrique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em>[<strong>Boniface N. Deagbo<\/strong>\u00a0a pris part \u00e0 l&rsquo; les 28 et 29 octobre 2015.]<\/em><\/p>\n<p>Faire la connaissance de praticiens Sph\u00e8re en Afrique de l&rsquo;Ouest :<\/p>\n<li><strong><\/strong><\/li>\n<li><span style=\"\"><a href=\"http:\/\/sphere\/sphere\/fr\/blog\/les-communautes-touchees-par-les-catastrophes-ont-des-droits\/\"><strong>\u00ab Les communaut\u00e9s touch\u00e9es par les catastrophes ont des droits \u00bb \u2013 Elmehdi Ag Wakina<\/strong><\/a><\/span><\/li>\n<li><span style=\"\"><a href=\"http:\/\/sphere\/sphere\/fr\/blog\/amadou-mansour-diouf-senegal\/\"><strong>\u00ab Les standards Sph\u00e8re sont indispensables dans la r\u00e9ponse humanitaire \u00bb &#8211; Mansour Diouf<\/strong><\/a><\/span><\/li>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo\u00a0(RDC) est un pays quatre fois plus \u00e9tendu que la France qui conna\u00eet une succession de crises humanitaires r\u00e9currentes depuis les deux derni\u00e8res d\u00e9cennies. C&rsquo;est&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-5688","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/uat.spherestandards.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5688","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/uat.spherestandards.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/uat.spherestandards.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.spherestandards.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.spherestandards.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5688"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/uat.spherestandards.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5688\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/uat.spherestandards.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5688"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.spherestandards.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5688"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.spherestandards.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5688"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}